/Le poème est la somme de lensemble infini des formes au sein desquelles il se sent toujours également à létroit/ Akenaton
En France, il y a encore une poignée de Gros Éditeurs pour entretenir des collections de poésie comme, au XIX° siècle, quelques « on » à (gros) cigares sentretenaient une danseuse: aujourdhui, une écurie de chevaux, de rouges voitures de course On supputera, en pareil mécénat, un investissement à long terme, ou, pour limmédiat, une activité (au fond pas excessivement dispendieuse, hâtons nous de le reconnaître) à mettre au compte, noble$$e oblige, du sponsoring. Ce, avec mille précautions : ne publier que des gens reconnus [= ceux quon a déjà publiés] aussi « maison » que possible, millimétriquement conformes aux critères du genre et, dun âge, de surcroît, fort avancé. Des valeurs sûres. Ne sera-ce point, très cher , bientôt lanniversaire du deuxième millénaire de la mort de V. Hugo ??? – Sont tout benef et tout gâteau, les morts*. La pierre de leurs tombes est le plus sûr des placements et Baudelaire aurait souhaité – il le dit – nécrire que pour eux. Nos Gros Éditeurs (en France), « volontiers » en feraient leurs choux gras. Editeurs mon il – entrepreneurs en pompes funèbres, oui da ! – On navance guère avec ce système. Accordons plutôt un triple hourra pour ceux qui, vivants, oeuvrent avec les vivants, pour les vivants. Et sans porter perruques, sans se prendre pour un juge british sur estrade, dans son tribunal. Sorry my Lord, la providence nexiste pas, il ny a pas de valeur refuge, lor sabîme, le marketing règne en seul maître, et dairain ; la vie, il est vrai, bouge, et les vivants itou, et cest dangereux. Il y a du risque.
*- Seuls les morts inédits peuvent nous importer (on ne les édite pas plus ) – et encore : les éditions posthumes ont toujours la canine fine et sanglante, un petit côté Dracula
Stop sur ce chapitre : le florilège assemblé, dans les pages qui suivent, pour Nadia Cavallera et Il Bolletario , ne comprend aucun de ces noms.
Dailleurs, (en France), et depuis longtemps – ttt les avant-gardes historiques au début du XX° – la véritable poésie , celle qui cherche le langage pour dire et dé-dire le monde où vivent les hommes de la (post)modernité, elle se passe Ailleurs ; en une sorte dexistence semi clandestine, univers où circulent de louches créatures nocturnes tombées dune infinité de planètes irrecommandables et polyglottes. Y prolifèrent ceux qui sont des poètes éditeurs, ceux qui sont des éditeurs poètes, des collections qui vivent 3 ou 4 mois, des tirages désespérément confidentiels, des revues avec 2 numéros, des poètes-comètes qui ne publient aucun écrit mais qui lisent des choses fantastiques dans des soirées comateuses où 2 personnes attendent (en dormant ou tremblant, cest selon) leur tour pour se hisser sur le trépied de lauteur-lecteur. Des énergumènes qui, sur une place, dans une rue, se mettent à gesticuler ou vociférer (« il faut sy faire ») ou à , comme ils disent, « agir ». De la poésie, ça ??? – Etc. Sinon que, et évidemment, cest là, dans cette ombre placentaire très exactement située au verso du soleil des media académiques et dominants, à mille lieues de tout commerce sinon de toute gloire (les choses sont un peu plus compliquées, il est des gloires « locales » et la poésie, qui ne rapporte pas un $ou et ne passe jamais à la télé, savère cependant hantée par nombre dalligators) que se produisent, comme toujours, les choses importantes, nouvelles, celles qui portent sens, avec là encore des cohortes de créatures hybrides, des monstres qui pullulent chaque matin et dont certain mais oui, il y en a ! – sont de parfaits miracles. Relisez Darwin. Cest de cette manière quavance une espèce, par bifurcations & fourvoiements & ramification & exploration dimpasses et comme fourchement, semblerait-il, de langue. La répétition des modèles établis initie la sclérose, elle sonne léchéance dune fin dautant plus proche que les rythmes du changement de milieu saccélèrent. Ce qui est notre cas, inutile de détailler ; / Les mutants miraculeux se recrutent chez les déviants parallèles / La poésie, quand elle justifie son être,son devenir ou son néant, ne peut manquer de safficher goitreuse, génétiquement pourrie, à la tête difforme, aux pieds qui puent ; « It stinks », disait B. Gysin, la poésie (la vraie) (en France) est cette cour des miracles.
La revue DOC(K)S quAkenaton (Jean Torregrosa et moi même) réalisons de A à Z depuis 1990, lorsque Julien Blaine, son fondateur (1976) décida de jeter léponge et passer la main, a été faite pour héberger les dits nomades, SDF, inclassables. Avec ceux qui tentent de « réveiller » dans et sous le texte poétique, les dessins, images ou accords chromatiques qui, depuis toujours (depuis que lécriture existe) y gisent en un sommeil plus ou moins orchestré, ttt concrets, visuels, spatialistes des années 60 à 80, ttt tous ceux dont le legs, bien que transmis par des canaux ultra-secrets et à lécart des circuits institués, continue dêtre terriblement vivace et actif, ainsi que le manifestent nombre des intervenants de la sélection. + Ceux qui, cherchant à (re)mettre de la-voix-du-souffle-du-corps dans la momie du texte emmitouflé dans toutes ses bandelettes linéaires, inventent la poésie sonore. Jurent quils ne feront plus jamais de livres. Ne publieront quoralement, ou sur disques et cassettes, puis CD. Eux aussi à embarquer dans larche des poétiques et poésies expérimentales . + ceux qui pensent quau commencement était le geste, non le verbe. Tant il est vrai que parler ou écrire sont variantes de laction. Créa(c)tion. Appelons les « performers ». Inscrivons les dans linstant transgressif, lacting exit out (de soi, des mots, du langage, des codes existants.. ) qui constitue peut être, pourquoi pas, labrégé de la poésie. + ceux de laventure technologique, générations Vidéo, programmes, CD, DVD. La langue ne leur suffit pas, à eux non plus. « Volontiers » ils nécriraient plus, ils méta-écriraient dans des formules ésotériques, le latin se faisant C++, lingo, java : poésies animées par ordinateur. Sites expérimentalement poétiques, poétiquement expérimentaux Monteurs de dispositifs hypercomplexes. Générateurs dinstabilités, de mélanges explosifs, manipulateurs déprouvettes mijotantes de liquides troubles et de clones frankensteiniens Et + en prime, comme on devine, la pléthore des sous sous sous catégories. Car tout ceci big bangue en permanence. Nest pas aussi simple. Vit donc grouille. Vit donc se croise, sabâtardit, mute et tente dimpossibles chimères. Plasma éclairs. Mini Volcan galactique. La soupe primitive, la cillation des synapses. Embarquons ! Embarquons. Bientôt elle sera pleine, notre arche
La présente sélection respecte ce choix initial ; elle ne cherche pas à cacher quels a priori la gouvernent. Elle ne marque pas de simples affinités personnelles, des « goûts », elle exprime dans son principe une vision particulière de la création poétique (en France). Certains des travaux ici convoqués, à titre personnel, ne mattireraient pas outre mesure : jen vois cependant la portée, lambition, je sais quels risques ils prennent, quels sentiers battus à plate couture ils quittent, quel défi, dans un monde dominé par les nouvelles technologies et laudiovisuel, ils tentent de relever : il arrive que parfois les ailes soient en cire et quelles fondent : et soit, tel est, tel a toujours été le prix à payer pour la poésie. Tous ces noms et travaux relèvent de laire où, une fois pour toutes et sans retour, lon sest engagé rompre les amarres avec les recettes et les ficelles du modèle littéraire, les visions restreintes, essentialistes, logocentrées et, au final, aussi élitistes que moribondes, de la langue, de la poésie, de lart. Avec à la base la volonté commune denvisager le poème comme un objet, den scruter le matériau, de le faire varier expérimentalement, de ne rien sinterdire : parfois cela peut être fait avec une rigueur froide, parfois dans la violence et la transgression mais le geste reste le même. Ici lon déconstruit le code, conscient de tout ce que son usage naïf dissimule ou implique. Pour conséquence, quon risque ici de trouver des noms qui vont disparaître, ou en voie de disparition (quel nom ne lest pas .) voire qui ont déjà disparu (à tel point, pour certains, quils ny figurent point du tout) (- joli prisme logique hé hé) En revanche, et quel bonheur, quon ny croisera aucune statue en plâtre de papier, nul de ces mandarins toujours prompts à revêtir lhabit du Poète Officiel (il en faut un, il en faut toujours au moins un ) ni aucun des tout petits petits fils de Dracula. Des Vivants, rien que des vivants, des inventuriers, barjots, loufoques, inconnus, atopiques et underground mohicans des web cavernes
A envisager donc, la dite « sélection », structurée en son horizon par cette quête dun eldorado linguistique -au sens (grand) large*- quest la poésie qui peut faire sourire-polaroïd parce que, certes, cest bien plus sain, et important, dinventer un missile à fragmentations laser pour écraser chirurgicalement une ville que de tripatouiller les gênes du langage. [Mais, se dit-on parfois quil en va, dans cette activité gamine, de choses tellement précieuses que la pudeur commande de les taire pour ne pas les trahir ?] Choses à ne glisser que métaphoriquement, sous le manteau. Et par exemple : que le langage et le pouvoir ont partie liée, par lentremise du code. Que celui qui contrôle le langage contrôle le pouvoir, et la pensée du monde qui définit tout monde. Car tout monde contient sa représentation. Que saboter tout cela (sic dirait Burroughs attention ! le cut up nest quun moyen parmi des milliards dautres, pas de fétichisme !) est une révolution nécessaire et permanente que les poètes assument, sils sont des poètes, et là je veux dire quil y a souvent plus de poètes autour du comptoir de nimporte quel bistrot (en France) que dans pas mal de lieux culturels, ce qui est rassurant : cest en parlant-poètes, cest en parlant parlant que les gens desserrent létau ouvrent un peu despace entre les barreaux de la cage et lair à venir rentre, bien sûr cest toujours à recommencer. Lavenir cest toujours à recommencer. Quelques poètes sont des terroristes, oh my god.
Et cest vrai : vrai que parmi les points communs qui me semblent caractériser lensemble des passagers de lArche celui-ci est à souligner ; bien quengagés dans une recherche formelle souvent très raffinée, ils ne sont pas des « formalistes » au sens de Jacques Roubaud ou des actuels Oulipiens; ils nhabitent aucune tour divoire. Ils sont ici. Ils regardent la télé. La pub ou les infos. Ils sont au courant des chiffres du chômage et de combien a touché le patron de Vivendi Universal pour avoir escroqué quelques millions de personnes. Ils sindignent. Ils rêvent dune poésie agissante. La recherche formelle est du coup subordonnée à un constat antérieur, qui concerne lart, la poésie et le monde contemporain. Constat critique. Et dautant plus violent que (grande part de la différence avec les années 60/80 se place là) désabusé vis-à-vis des utopies, des solutions, des alternatives. Une poésie violente et désespérée donc. Très noire. Dure. Ironique. Pas toujours, non, mais souvent. Une poésie où lon nest guère dupe ; une poésie où lon se demande à tout instant quelle est la force du poème, quel est son impact. Une poésie de sniper. Une poésie de chiens lucides et enragés.
*Au sens(grand) large. Car, dans cette sélection, il faudrait tout de même mettre un peu dordre. Certains, représentants de la Tribu des Néo-Verbaux, continuent – recommencent, réalité ou apparence, ça rime, à attribuer au code strictement (???) linguistique une importance, ça rime tout ça, déterminante. Globalement, et souvent dans une aire marquée par lex groupe et revue TXT et Christian Prigent, ils sont apparus (en France) à partir des années 90-95, les premiers spécimens marquants de cette espèce ayant été C. Tarkos (ici absent pour cause de santé) ou K. Molnar. Porteurs dune forme décriture sur le fond non exclusive des expérimentations conduites par les concrets ou les visuels des mêmes années, voire même qui tente de les intégrer, ils publient à nouveau des « textes », ils font des livres. Ils se rassemblent (plus ou moins) autour de revues comme Java, ou Nioques,, autour déditeurs comme Al Dante ou P.O.L, pas de jaloux, pas de jaloux ttt Jacques-Henri Michot, ttt Jean-Michel Espitallier, ttt Nathalie Quintane, ttt Sylvain Courtoux ttt Charles Pennequin ou ttt sylvai et Jacques Demarcq ou Katlin Molnar pour citer quelques noms qui me viennent à lesprit, parmi bien dautres possibles, pitié, pas de jaloux , pas de jaloux, surtout pas de jalouses, et étant entendu que ces noms ont bien peu à voir les uns avec les autres : chose inévitable puisquun poète na, de toutes les façons, définitivement rien à voir avec personne – et SURTOUT PAS avec lui-même. Il est clair que lécriture comme éventrée de Sylvain Courtoux , laquelle, en son cocktail très Molotov, rassemble Lacan Burroughs Guyotat et puis qui dautre encore?, se situe à plusieurs kilomètres de celle, mettons, de Jean-Michel Espitallier, minimaliste, élégante, nappée dhumour et proche, sans lourdeur démonstrative, dun esprit « concret » ou objectiviste très nord américain. Laissons les Verbaux. Aux antipodes, on classera tous ceux qui, de prime abord, relèvent des « visuels », des « concrets » ou de leur héritage, ttt Julien Blaine en tête, Grand Ancien que jimagine évidemment très mécontent dêtre réduit à lune de ces étiquettes dont il serait (jy ai fait allusion) bien rapide de dire quelles relèvent de telle ou telle « époque » (sous entendu : dépassée Ah ! le progrès dans lart ). Nen déplaise aux uns ou autres, linsistance sur la matérialité visuelle ou sonore de limprimé (catégorie bien plus pertinente ici que celle de « texte ») autant que la référence à lunivers de linformation et des medias naguère affirmée par les Visifs italiens, demeurent dune actualité brûlante. Elle fait partie des axiomes dont sinspirent nombre de poètes souvent proches de DOC(K)S – mais pas seulement, ttt Gilles Cabut et Julien DAbrigeon et Georges Hassoméris ou la plupart de ceux que rassemblent des revues comme BOXON ou (de façon moins marquée) OUSTE Dans les mêmes parages, mais plus loin encore du domaine du livre ttt Akenaton, qui dénomme poème, on aura tout vu !, un film-sans-mots de 90 heures, de surcroît présenté comme « une performance destinée à servir de partition pour une installation plastique à venir » formule qui, on le voit, traduit à merveille la démarche résolument « inter-hyper-transmedia (sic) dun groupe connu aussi bien dans lordre de lart/action que du web ou des arts plastiques. ». [la poésie, énonçons-le comme Gertude Stein « est ce que les poètes font » ou, mieux, ce quils nomment (performativement) poésie*].
[*que jécris, moi, poésie, avec une barre, afin déviter les malentendus]
– Avec, entre ces 2 cas caps, verbaux dun côté, visuels et post- de lautre une série de nuances, tout un camaïeu qui décline la gamme continue des écarts. Car il y a texte et texte, comme il y a image et image. Ah, la vie est compliquée. Un texte qui se présente comme un texte peut bien (ttt Serge Pey, performer, poète sonore dans la grande lignée shamanique, ttt Cyrille Bret, lun des jeunes actionnistes les plus rigoureux de la scène contemporaine, en France ) ttt Frédérique Guétat-Liviani, à la fois performeuse, poète visuelle ou encore ttt Hervé Brunaux, nêtre en fait qu(AUSSI BIEN )une partition pour une action, sonore ou visuelle, et une « chose faite de mots » peut aussi (ttt DAbrigeon) nêtre en réalité quun ready made, un found poem, une roue de bicyclette, une copie délève ramassée dans la rue, une étiquette, un morceau de journal, ou les fragments dun dialogue samplé à la télé et re-mixé, ainsi que Nathalie Quintane en donne ici lexemple: plus près ou plus loin au fond de la « poésie » que , mettons, une performance de Bret ou le film des Akenaton ??? Impossible de trancher, non. Il faudrait avoir recours à une définition essentialiste, platonicienne de la poésie pour répondre de cette manière. La perspective ici défendue [poésie] est pragmatique, contextuelle. Un texte qui nest quun texte peut aussi, et cependant, et parfaitement, par le recours quil fait à des structures (la liste est un exemple privilégié, liste en tous genres, classements selon les critères les plus variés, alphabétique etc.) ou par lutilisation des Mallarméennes possibilités offertes par la PAO (gestion des styles et de lensemble des paramètres typographiques) pratique dont je crois avoir personnellement donné dès la fin des années 80 quelques exemples isolés et précoces mais qui aujourdhui sest largement répandue ( ttt Sylvain Courtoux, Jérome Game ) mimer (référer, connoter .) un autre texte, un autre « univers », un autre objet, dictionnaire, abécédaire, annuaire, livre denfants, bandes dessinées ou catalogue de la Redoute : ttt Georges Hassoméris, Gilles Cabut. Une image, un objet de nature plastique peut à rebours celer – il faudrait dire enfouir – un texte ou, en tout cas , une « chose faite de mots ». ttt Bernard Heidsieck, ses planches faites de « rubans magnétiques » qui soffrent évidemment , et à lil, dans une tri/valence « plastique » « verbale » et « sonore » laquelle, si lon ma suivi, est en vérité presque toujours assumée par les poètes de cette sélection, à placer tant dans la mouvance des Verbaux que dans celle des Visuels, des performers, des Techno, des sonores ou de toutes les catégories intermédiaires supplémentaires ou complémentaires que lon voudrait imaginer. En vérité, ils sont bien plus proches quil ny paraît, et si prompts à échanger leurs attributs quil me semble que cette caractéristique protéiforme et combinatoire pourrait également constituer lun des traits majeurs de la poésie actuelle, en France.
Sans oublier, détail important, que Il Bolletario publie doublement cette sélection, en ligne et sur le papier, comme une page web et comme un livre. Sur le web tout devient image – par la vertu du contexte pragmatique – tandis que, dans le livre, tout vire au texte. Nous ne croyons plus aux essences. Platon fond.
Pas plus aux apparences. Impossible, mieux : idiot, également, et pour conclure, denfermer lun quelconque de ces noms dans la trace ici même objectivée. Les poèmes sont autant dhabitacles quon laisse derrière , autant de vieilles peaux dont lon se dé-fait. Il y a gros à parier quun jour Julien sintéresse plus au « résidu » (le texte ) qu à la performance ou à laction. Que de la vidéo ou de la poésie visuelle Tardy passe au poème « standard ». Quun soir ou un matin Jacques-Henri se mette au sonore, tandis que Charles se réveillerait informaticien. Ou gendarme, qui sait ??? Nous ne sommes plus ce que nous sommes .
Les poètes sont des professionnels de lévasion. Sévader, en français, il y a une belle expression, que jespère absolument intraduisible, cest « jouer la file de lair ».
Certains ne figurent pas dans cette anthologie ttt
Ils auront fui plus loin, trop loin pour quon les capture, cest tout.